La 4e 5 visite les locaux du journal Libération

mercredi 28 mars 2018, par O. Jeulin

À l’occasion de la semaine de la Presse à l’école, la 4e 5 a eu la chance de visiter les locaux du journal Libération.

Fondé en 1972 par Jean-Paul Sartre, le journal Libération (qui reprend le titre d’un journal de la Résistance, dirigé par Emmanuel d’Astier de la Vigerie) a longtemps eu ses locaux dans le 3e arrondissement de Paris, près de la Place de la République. Depuis 2017, toute l’équipe a déménagé dans un immeuble moderne, rue du Général de Boissieu, dans le 15e arrondissement (où se trouve également le journal L’Express).

Locaux du Journal « Libération »
Rue du Général de Boissieu (Paris, 15e arrondissement)
Ⓒ 2017, Google

C’est donc dans ces nouveaux locaux que les élèves sont accueillis par M. Belouassaa, assistant de la direction générale et des rédactions, qui servira de guide à la classe pendant toute cette matinée passionnante.

Une fois arrivés au 5e étage, les élèves sont rapidement conduits dans une immense salle où se tient le comité de rédaction du journal : autour d’une table ronde présidée par Laurent Joffrin, directeur de la rédaction et de la publication de Libération, sont installés tous les rédacteurs en chefs du journal.

La salle du comité de rédaction
Autour de la table ronde, Laurent Joffrin et ses collaborateurs

La table ronde est entourée d’une sorte de comptoir circulaire où sont entreposés des exemplaires du quotidien et où peuvent venir tous les personnels du journal qui le souhaitent, explique notre guide : Il semble d’ailleurs qu’il n’y a qu’à Libération que le comité de rédaction est public. C’est une tradition qui remonte sans doute à l’origine du journal. C’est donc à ce comptoir que s’installent les élèves qui assistent à cette réunion.

Le comité de rédaction, sous le regard attentif des élèves
Laurent Joffrin, étudiant la « une » de l’édition du matin

Chaque participant a sous les yeux soit l’édition du jour, soit le « chemin de fer », la maquette de l’organisation simplifié de l’édition du lendemain pour que chacun puisse voir la part donnée à chaque rubrique : Libération est en effet un journal du matin, qui paraît en kiosque à 06h00, et qui doit donc être « bouclé » la veille au soir vers 20h00 pour qu’il ait le temps d’être imprimé et distribué dans toute la France et les pays francophones. Le comité de rédaction a donc pour but d’évoquer les premières tendances qui se dégagent de la lecture de l’édition numérique du journal, et ce matin, une tribune sur le véganisme dans la rubrique « Idées » semble avoir eu un fort impact et va vraisemblablement susciter de nombreuses réactions (le lendemain, c’est d’ailleurs ce sujet qui sera à la « une » du journal).

Il a surtout pour objectif de vérifier l’état d’avancement des articles de l’édition du lendemain. Laurent Joffrin fait un point rapide avec les rédacteurs en chef des différentes rubriques et demande des précisions. C’est autant une réunion de travail qu’une discussion entre journalistes qui expliquent la façon dont l’information va être donnée aux lecteurs. On parle des contenus chauds (les articles en lien direct avec l’actualité), comme l’élection de Vladimir Poutine ou la guerre en Syrie, et des contenus froids (les articles de fond, les reportages), comme l’enquête sur le financement de l’urbanisme ou la phobie administrative qui paraîtront le lendemain...

La « une » de l’édition de Libération du lundi 19 mars 2018

Il est évident que le journal se doit de « coller » à l’actualité et aux dates importantes du calendrier : le lendemain c’est la « journée mondiale du bonheur » : une double page est prévue sur le thème, avec une interview de sociologues (« À l’heure des gens heureux ») et le sujet donne lieu à une remarque amusée (« Travailler à Libération, c’est ça être heureux... ») qui fait rire les journalistes et les élèves. Mardi, le journal publiera également un article sur la réforme de l’assurance-chômage.

Par ailleurs, dans le cadre de la semaine de la presse, le quotidien a fait un reportage en Haute-Savoie sur l’atelier d’une ex-journaliste qui enseigne aux CM2 comment débusquer manipulations et fausses informations. L’article paraîtra mercredi. Enfin, comme c’est également la semaine de la francophonie (le 20 mars est d’ailleurs la Journée internationale de la Francophonie), une journaliste rappelle des estimations : le nombre de francophones, autour de 220 millions actuellement, approchera les 700 millions en 2050. Cette information interpelle Laurent Joffrin qui fait répéter le chiffre tant il est important. Une tribune dans la rubrique « Idées » parlera d’ailleurs mardi du souhait des pays francophones de revoir leurs relations avec la France.

Une fois le comité de rédaction terminé, M. Belouaassa fait visiter le reste des locaux aux élèves. Ils peuvent voir des graphistes travailler pour la version numérique du journal, la salle où s’empilent les exemplaires des ouvrages destinés à la presse, les « open-spaces », grandes salles sans cloison où travaillent les journalistes de la rédaction de Libération, Libération Next, Le P’tit Libé pour les enfants de 7 à 12 ans et aussi Check news.

Émilie Coquard, la graphiste du Le « P’tit Libé », en plein travail pour le prochain numéro
Les élèves devant quelques « unes » du journal accrochées au mur
Les élèves traversent « l’open space » où travaillent les journalistes

Les murs sont recouverts de boîtes d’archives, classées par sujet, où les journalistes peuvent retrouver tous les éléments sur les dossiers déjà traités dans le journal.

Des murs d’archives...
Mémoire du journal et sources d’informations pour la rédaction des articles
Grégoire Biseau, rédacteur en chef adjoint chargé du service politique
Recherche de photos et d’illustrations pour de futurs articles
Un autre « open space » » : la rédaction web de « Libé.fr »

La visite se termine dans une salle de réunion qui fait aussi office de salle de repos : les journalistes y passent pour prendre un café...

Morgan Belouassaa a organisé ce moment pour discuter avec les élèves et répondre à leurs questions. Il évoque l’histoire de Libération et des problèmes liés au financement de la presse, et explique que Libération a des concurrents au sens où il existe bien sûr d’autres quotidiens d’information, mais que dans la presse d’opinion, il est le seul journal « de gauche », avec des lecteurs fidèles à sa ligne politique.

Morgan Belouassaa répond aux questions des élèves dans la salle de repos

Il leur parle aussi de son parcours avant d’arriver au poste d’assistant de la direction générale et des rédactions, ainsi que des différents moyens pour devenir journaliste. Il explique qu’il existe des écoles où se forment les futurs professionnels, mais que certains peuvent aussi être embauchés dans un journal en raison de leurs compétences personnelles et de leur parcours professionnel.

Il parle aussi des autres métiers nécessaires au bon fonctionnement du journal : attachés de presse, responsable des ressources humaines, imprimeurs... Il évoque enfin l’état d’esprit particulier qui règne au journal Libération : une bonne atmosphère de travail en collaboration, où tous les gens peuvent discuter ensemble.

Une écoute attentive...

Après cette matinée fort instructive, toute l’équipe du collège tient à remercier toute la rédaction du journal, pour l’accueil qu’elle a réservé aux élèves et la gentillesse dont elle a fait preuve à leur égard.

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